Canneberge et prostate

 

La consommation de canneberge réduirait le niveau de PSA chez des patients atteints d’un cancer de la prostate. Des études récentes semblent aller dans ce sens.

 

Les Amérindiens consommaient ses fruits sauvages et rares qu’ils appelaient « atoka ».

Ils appréciaient ses effets bénéfiques pour désinfecter les plaies, les problèmes de vessie

et des reins ou pour l’hygiène bucco-dentaire. La canneberge est particulièrement riche

en polyphénols (anthocyanes, flavonoïdes, proanthocyanidines), de puissants antioxydants ayant de nombreux effets bénéfiques sur la santé.

 

Certains de ces principes actifs ont montré in vitro des propriétés anticancer. Le PSA, antigène prostatique spécifique, est une protéine produite par la prostate qui est normalement présente en faible quantité dans le sang. Cette protéine intervient dans la liquéfaction du liquide séminal après son émission. La découverte d’une valeur élevée du PSA est le signe d’une inflammation de la prostate susceptible d’indiquer la présence d’un cancer, mais pas seulement. Le dosage du PSA fait partie des examens de diagnostic du cancer de la prostate et de sa possible récurrence après une prostatectomie.

 

Une étude[1] clinique, randomisée, en double aveugle, contrôlée contre placebo a été conçue par une équipe de chercheurs du département d’urologie de l’hôpital universitaire d’Olomouc, en République Tchèque, pour évaluer l’impact de la consommation de poudre de canneberge sur les concentrations du PSA et sur d’autres biomarqueurs chez des patients programmés pour subir une prostatectomie totale. Soixante-quatre patients ont été enrôlés dans cette étude et ont été assignés de façon aléatoire à recevoir 1500 mg par jour d’un extrait de poudre de canneberge ou un placebo pendant au moins 21 jours avant de subir la prostatectomie. Des échantillons de sang et d’urine ont été recueillis au début de l’étude juste avant l’opération. Des échantillons de tissus de prostate ont été collectés au cours de la prostatectomie pour un examen de routine des marqueurs. Les paramètres biochimiques et hématologiques classiques ont été mesurés.

 

Les résultats ont montré que la prise d’extrait de poudre de canneberge a diminué de façon significative les concentrations de PSA (22 %) alors que dans le groupe sous placebo ces concentrations ont augmenté. Ils suggèrent que la canneberge pourrait jouer un rôle dans

 la prévention et le traitement du cancer de la prostate.

Cependant, la petite taille de l’échantillon et la courte durée du traitement limitent l’intérêt de cette étude. Les auteurs concluent que ces résultats suggèrent que d’autres études doivent être entreprises pour évaluer l’intérêt de la consommation de canneberge comme prophylaxie de la récurrence du cancer chez des patients ayant subi une prostatectomie

[1] STUDENT V ET AL., CRANBERRY INTERVENTION IN PATIENTS WITH PROSTATE CANCER PRIOR TO RADICAL PROSTATECTOMY. CLINICAL PATHOLOGICAL AND LABORATORY FINDINGS. BIOMED PAP MED FAC UNIV PALACKY OLOMUC CZECH REPUB. 2016 ; 160(4) : 559-565.

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